22
Mar
2019

Concours d’écriture en Gallo, Français et Breton !

Le concours d’écriture organisé en partenariat avec Ti Ar Vro l’Oté / Telenn, est ouvert jusqu’au 15 avril. A vos crayons !

1 commentaire

  • YON Betty à dit :

    Un bout de voyage,

    J’attendais avec impatience le dimanche chez grand-mère. Jour sacré, jour béni… Nous allions le matin à la messe du village. Grand-mère habillée de sa belle robe de soie noire, ornée d’ un col de dentelle. Ses mains parées de gants tissés de fils précieux blancs serraient son missel doré. Comme j’étais fière de marcher à ses côtés. Au retour nous achetions un gros pain plié, un régal à venir. Le repas, dans la grande cuisine, était toujours festif et durait si longtemps… Alors, silencieusement, je me faufilais dans la pièce d’à côté. J’embarquais dans un voyage vers d’autres continents…

    Il y avait une si grande armoire. Je levais la tête pour regarder la corniche frôler le parquet du plafond. J’ouvrais les portes avec délicatesse. Alors le voyage commençait entre les petits bouquets de bruyère odorants éparpillés de-ci de-là portant des senteurs apaisantes. Un chapelet blanc se balançait seul mouvement dans le temps. Je m’émerveillais à chaque visite, tout était si blanc et si rangé. Verticale horizontale, une géométrie parfaite de coton, de lin, de dentelles. Et chaque fois, impatiente, je tendais la main vers l’étagère. Là, étaient déposés les souvenirs rapportés de mon grand-père. Tissus soyeux venus d’ailleurs.
    Quand il était marin, mon grand-père les rapportait d’Orient pour les offrir à ma grand-mère qui les conservait comme de véritables petits trésors… Elle qui traçait sur le front de son mari un signe de croix avant chaque départ, y déposait maintenant un long baiser. Puis, sur la pointe des pieds, glissait la soie tout en haut de l’armoire… Et comme à chaque fois, me faisant sursauter, c’est le carillon de l’horloge qui m’annonçait la fin de journée… Je ressortais alors de cette belle visite pour retrouver ma Bretagne. Je savais que je serai au port, à nouveau, le dimanche à venir…

    Betty YON

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